Vivre longtemps et sagement, ou mourir jeune et avoir vécu à fond?

Vivre longtemps et sagement, ou mourir jeune et avoir vécu à fond?
Le sentiment de se sentir vivant, vous connaissez? Le coeur qui bat, l'excitation du moment, l'adrénaline dans le sang, croire que notre corps ne survivra pas au choc mais pourtant, il le fait. Ce sentiment que tous nos sens sont en alertes, n'est-il pas magnifique à vivre?

Plusieurs me répondront non. Plusieurs préfèreront le confort plutôt que l'excitation, et je suis d'accord avec eux. Pouvoir seulement vivre tranquillement, faire ma vie sans soucies, ça serait drôlement bien. Sauf que je ne suis pas capable de le faire. Je ne peux pas rester ainsi toute une vie, ça m'est impossible. À peine après quelques mois, je tourne en rond, et une partie de moi veut mourir par manque de stimulation. Alors je fuis la réalité, j'imagine des scénarios, pour garder cet équilibre et ne pas plonger dans des idées noires.

L'hiver est un grand coupable de ce ralentissement du rythme de vie. Le manque de soleil, le manque d'activité (pas seulement le manque de sport d'hiver ; on sort moins que l'été, peu importe ce qu'on en dira), le manque de fille en bikini (personne ne peut nier que la pulsion sexuelle est une, sinon LA source de motivation primaire chez plusieurs espèces, dont l'être humain (fait psychologique, ça ne vient pas de moi))...bref, tout ça nous mets dans un confort trop prolongé. Additionnons à cela une mentalité québécoise générale du bonheur par l'inactivité, et nous avons un coktail de confort très solide. Mais mon instinct de chasse, lui? Mon instinct de survie, lui? Où est-il stimulé dans tout ça? Quand est-ce que je sors et que mon adrénaline est injectée dans mon sang?

On peut comprendre, alors, que se battre est un moyen de se sentir vivant. Défendre une cause, avoir un ennemi juré contre qui on essaie de manipuler des gens, frapper le gars qui nous tombe dans les nerfs dans un bar, partir à la guerre...ce sont là des moyens d'être vivants. D'exister, et se sentir en vie. Sinon on peut rechercher les sensations fortes: parachute, bungies, rafting, skate, snow...et j'en passe. Le sexe aussi. Pour d'autres, plus calmes, ça peut être de combattre la souffrance en aidant les autres ; ça reste un combat. Moins violent, mais tout aussi difficile.

On a donc le choix entre mourir vieux, confortable, ou peut-être mourir plus jeune, prendre des risques, et perdre dans la balance, mais avoir vécu pleinement. Selon ce que je viens d'énoncer, le mieux serait de vivre jeune et intensément, non? Et bien non. Le problème est que nos neurorécepteurs s'habituent aux fortes doses de stimuli. Il faut donc soit augmenter l'intensité, soit vivre calmement un bout de temps, le temps que nos neurorécepteurs perdent leur habitude.

Ma conclusion: vivre intense, petit bout de chemin par petit bout de chemin, jusqu'à ce que je sois vieux ; très vieux. Et encore vivre l'intensité, à petites doses. Mais ne jamais mourir avant ma mort. Jamais.

# Posted on Tuesday, 24 February 2009 at 4:12 PM

Edited on Tuesday, 24 February 2009 at 5:44 PM

Génies

Génies
Il y a environ un mois de cela, j'ai décidé de ne plus intellectualiser ma vie, afin de mieux la vivre. J'en ai parlé un peu ci-dessous, mais pas directement. À l'exception faite de ce blog, j'avais cessé de mettre sur écrit mes idées, mes pensées, ma perception (ce que je fais depuis maintenant 3 ans dans différents cahiers).

Le bilan de l'expérience: un manque flagrant de structure dans mes idées, un manque flagrant de volonté à bouger puisque je reste stagnant, perdu dans des idées chaotiques qui prennent d'assaut mon esprit. Une fois de plus, je dois écrire: "tout était question d'équilibre". Mais si je n'avais pas fait le test, si je n'avais pas essayé un extrème et l'autre (tout intellectualiser, et presque rien du tout), je n'aurais jamais pu le comprendre par moi-même. Le seul moyen de jongler est d'échapper des balles ; c'est un dicton incontournable pour tous les jongleurs. Et en voilà un autre: "Dans une vie, un jongleur échappe plus de balles qu'il en attrappe." Appliquez cela à la vie entière, et voilà le chemin de la réussite.


Dire "équilibre" est toujours facile, mais l'atteindre est tout autre chose. Il faut encore réussir à obtenir la motivation. Un mot terrible de sens, et si difficile à utiliser. Combien ici peut se venter de ne jamais manque de motivation? Je dirais même que la majorité des gens en ont la moitié moins que ce qu'ils voudraient vraiment. Sommes-nous lâches pour autant? Sommes-nous de simples incapables? Se lancer des roches serait trop facile. Si la motivation est si difficile à obtenir, c'est une conséquence de notre mode de vie. En temps normal, nos besoins primaires prennent un temps considérable à combler. Ensuite vient d'autres besoins, secondaires (voir pyramide de Maslow).

Les besoins sont la source directe de la motivation. Une fois un besoin comblé, la motivation disparait (rare sont ceux qui vont vouloir encore manger une fois qu'ils sont vraiment rassasiés). Notre style de vie a eu cela d'efficace: nos besoins sont comblés pratiquement au fur et à mesure qu'ils apparaissent. Bilan: nous ne sommes plus habitués de chasser une journée complète seulement pour avoir quelques heures de nourriture dans l'bedon. "La voie de la facilité" nous blâmerons les plus vieux. Et qui a mis en place cette structure, ein? On a pas décidé ça. On le subit, gang de caves. (ça me tentait d'être gratuitement méchant =D)

Et nous voilà, désarmés, des animaux dans un zoo, nourrits sans effort. Et me voilà, ma motivation sur le sol, à dormir deux fois plus que nécessaire, à rester trop longtemps sur internet, à me faire des repas à moitié mangeable parce que c'est trop long cuisinier ; me voilà à ne pas étudier, à sortir le plus possible, pour oublier que dans le fond, j'ai, quelque part, honte de moi. Me voilà à rêver, jours et nuits, pendant mes cours, à fuir dans mon imagination, pour oublier que je fuis. "Boire pour oublier qu'on boit" s'amusait-on à dire. Nous n'étions pas si loin, n'est-ce pas?


Et pourquoi ai-je écrit "génies" comme titre dans tout ça? Parce qu'à toutes les fois que j'entends parler d'un d'entre eux, à toutes les fois où mon esprit prend conscience qu'il pourrait, un jour, être face à l'un d'eux, il veut travailler pour être digne de leur parler. Je veux pouvoir me tenir devant eux non pas en tant qu'égal ; je ne serai jamais un égal. Mais en tant qu'être humain qui n'aura pas honte devant leurs yeux. Miroir du complexe de vouloir plaire à ses parents? Je m'en fouts. Tant que cela me force à bouger, et à devenir quelqu'un. Comme le disait ma prof d'éducation physique: "L'important, ce n'est pas d'avoir une bonne motivation. C'est tout simplement d'en avoir une."

# Posted on Monday, 23 February 2009 at 5:57 PM

Demain, je me réveillerai, et toute ma vie sera hier.

Demain, je me réveillerai, et toute ma vie sera hier.
Demain, je me réveillerai et toute ma vie sera hier.

Étrange sensation, n'est-ce pas, de se remémorer son passé? Avoir l'impression que tous nos souvenirs font partis d'un passé, d'un "hier" qui englobe de plus en plus d'informations.

Plusieurs personnes vivent en niant leur mort, inévitable. Plusieurs personnes vivent en niant la mort inévitable de leurs proches, leurs parents, leurs amis. Il n'y a rien de plus certain que vous connaitrez le deuil, à moins que vous mourriez avant tous les autres.

Je n'écrirai rien de plus. Car je veux que vous compreniez l'importance que je porte à ces mots.

# Posted on Thursday, 19 February 2009 at 6:35 PM

Rêves

Rêves
Je me considère comme un rêveur. En fait, la majeure partie de ma vie, j'ai préféré le rêve à la réalité. J'ai passé mon enfance à vivre dans un autre monde, loin de celui-ci, que je trouvais trop dur. Puisque je rêvais en permanence, mes seuls contacts avec la réalité étaient, selon ma perception, douloureux, puisque mes rêves étaient ce que je voulais bien qu'ils soient.

J'ai cessé de rêver au fil du temps, tranquillement, lorsque je me suis rendu compte que mes rêves me blessaient davantage qu'ils me protégeaient ; en me faisant vivre autre chose, ils étaient responsable de ce côté si désagréable de la réalité.Peut-on dire que j'étais conscient de ces changements? Je dirais pas le moindre instant. Ce n'est que maintenant que je me rends compte de ce chemin.

Et pourtant, aujourd'hui, je retombe dans le rêve. En fait, depuis longtemps déjà, mes vrais rêves (lorsque je dors) sont aussi réels que la réalité elle-même ; je peux avoir mal, je peux souffrir, rire, et le monde créer par mon imagination trop fertile est puissament structuré de telle sorte qu'à la moindre faille que je peux remarquer, mon esprit corige le tir immédiatement pour s'ajuster à ma conscience. Comme si quelque chose, en moi, ne voulait pas mon réveil. Comme si quelque chose, en moi, ne voulait pas de la réalité.

Difficile à concevoir alors que je prône la recherche de la Vérité pour le Bonheur, difficile à vivre alors que j'ai besoin, dans le cadre de mes cours, d'être très attaché au monde matériel pour apprendre et appliquer les notions théoriques et pratiques.

Tout cela, je peux l'intellectualiser, le comprendre, je peux émettre des théories, appliquer des solutions, je peux le poser sur écrit et ne plus m'en faire, je peux l'oublier, je peux l'assumer et m'enfoncer davantage dans le rêve...mais il n'y a rien de tout cela que je veux. Ce que je veux, c'est d'être capable de rêver librement, mais surtout d'être capable d'être qui je suis, faire ce que j'aime, être parmi les gens, finir mes cours, continuer ma vie, continuer d'avancer dans le concret. Et me permettre de temps en temps, comme ça, un petit écars de rêverie. Je ne veux pas vivre dans le rêve.


Lorsqu'on vit dans le satin, même le contact de la peau de celui ou celle qu'on aime devient rugueux...

# Posted on Sunday, 15 February 2009 at 12:50 PM

Edited on Monday, 16 February 2009 at 11:27 PM

Science et Vérité ; et le Bonheur, lui?

Science et Vérité ; et le Bonheur, lui?
Et voici un autre débat qui cours parmi la société, opposant croyant et scientifique, les rationnels aux émotionnels, les patates frites aux mouettes.

En résumé, la science (selon ce qu'on sait) nous apporte la vérité (puisque c'est prouvé). Si on oublie quelques écarts, on peut dire que c'est effectivement ce qu'on a de plus près de la vérité (sans nécessairement l'être à 100%). De l'autre côté, la spiritualité (je préfère ce mot à religion) est sensé nous amené au Bonheur. Mais qu'est-ce que c'est la spiritualité? Suis-je obligé de croire en un dieu, croire aux fantômes, aux énergies, à l'âme? Mais c'est de la foutaise tout ça! Je ne veux pas me mentir pour être heureux!

Donc rapidement, on oppose l'idée de Vérité à Bonheur, puisque la science nous apprends pas grand chose sur comment être heureux de manière pratique. Oui, on nous dit qu'il faut être ouverts d'esprits, blabla...mais comment bordel on peut ouvrir son esprit s'il ne l'est pas?

Et c'est là qu'on embarque dans la spiritualité! La méditation, tout ça, vous savez, ce qui n'existe pas? Très honnètement, je crois peu à ces choses (bien que je garde une porte ouverte) mais la Vérité, c'est que ceux qui les pratique ont tendance à être plus heureux. Même si le chemin pour se rendre au Bonheur est faux, le résultat, lui, est Vrai.

Au final, on est en droit de se questionner sur le but de la science, la vérité, et sur nos buts personnels. Quel est votre but, à vous, dans votre vie? Est-ce de tout savoir, et de finir seul et triste? Est-ce d'être heureux, avec des gens autours de vous? Est-on obligé de se mentir pour être heureux? J'espère que non!

Inutile de se mentir. Le gros problème, c'est qu'on divise tout en 2 catégories: Vérité, ou Mensonge. Si c'est pas la Vérité, c'est que c'est nécessairement un Mensonge voyons! Si je ne dis pas à une personne qu'elle est moche, ce n'est pas parce que je suis un menteur ; c'est que je trouve inutile de lui lancer une Vérité qui ne lui sert à rien, sinon à lui faire du mal et la détruire. Pas mal tout le monde (sauf quelques extrèmistes) me diront qu'ils agissent de la même manière. Sommes-nous menteurs? Sommes-nous hypocrites? Non, nous avons une conscience et nous sommes, à quelque part, capables de compassion. Ce n'est pas d'être menteur de compatir, ou d'être lâche. De l'autre côté, si cette même personne me demande ce que je pense vraiment, je serai honnète envers elle (je ne serai pas trop direct non plus, on s'entend!).

Finalement, la Vérité doit être un moyen d'être Heureux, mais ce n'est pas une fin en soit. La Vérité n'est pas LE moyen d'être heureux, tout comme le Mensonge n'est pas mieux de son côté. Apprenons à doser!


Photo: Bébé fée rencontrée à Bicolline! =D

# Posted on Wednesday, 11 February 2009 at 5:24 PM