Génies

Génies
Il y a environ un mois de cela, j'ai décidé de ne plus intellectualiser ma vie, afin de mieux la vivre. J'en ai parlé un peu ci-dessous, mais pas directement. À l'exception faite de ce blog, j'avais cessé de mettre sur écrit mes idées, mes pensées, ma perception (ce que je fais depuis maintenant 3 ans dans différents cahiers).

Le bilan de l'expérience: un manque flagrant de structure dans mes idées, un manque flagrant de volonté à bouger puisque je reste stagnant, perdu dans des idées chaotiques qui prennent d'assaut mon esprit. Une fois de plus, je dois écrire: "tout était question d'équilibre". Mais si je n'avais pas fait le test, si je n'avais pas essayé un extrème et l'autre (tout intellectualiser, et presque rien du tout), je n'aurais jamais pu le comprendre par moi-même. Le seul moyen de jongler est d'échapper des balles ; c'est un dicton incontournable pour tous les jongleurs. Et en voilà un autre: "Dans une vie, un jongleur échappe plus de balles qu'il en attrappe." Appliquez cela à la vie entière, et voilà le chemin de la réussite.


Dire "équilibre" est toujours facile, mais l'atteindre est tout autre chose. Il faut encore réussir à obtenir la motivation. Un mot terrible de sens, et si difficile à utiliser. Combien ici peut se venter de ne jamais manque de motivation? Je dirais même que la majorité des gens en ont la moitié moins que ce qu'ils voudraient vraiment. Sommes-nous lâches pour autant? Sommes-nous de simples incapables? Se lancer des roches serait trop facile. Si la motivation est si difficile à obtenir, c'est une conséquence de notre mode de vie. En temps normal, nos besoins primaires prennent un temps considérable à combler. Ensuite vient d'autres besoins, secondaires (voir pyramide de Maslow).

Les besoins sont la source directe de la motivation. Une fois un besoin comblé, la motivation disparait (rare sont ceux qui vont vouloir encore manger une fois qu'ils sont vraiment rassasiés). Notre style de vie a eu cela d'efficace: nos besoins sont comblés pratiquement au fur et à mesure qu'ils apparaissent. Bilan: nous ne sommes plus habitués de chasser une journée complète seulement pour avoir quelques heures de nourriture dans l'bedon. "La voie de la facilité" nous blâmerons les plus vieux. Et qui a mis en place cette structure, ein? On a pas décidé ça. On le subit, gang de caves. (ça me tentait d'être gratuitement méchant =D)

Et nous voilà, désarmés, des animaux dans un zoo, nourrits sans effort. Et me voilà, ma motivation sur le sol, à dormir deux fois plus que nécessaire, à rester trop longtemps sur internet, à me faire des repas à moitié mangeable parce que c'est trop long cuisinier ; me voilà à ne pas étudier, à sortir le plus possible, pour oublier que dans le fond, j'ai, quelque part, honte de moi. Me voilà à rêver, jours et nuits, pendant mes cours, à fuir dans mon imagination, pour oublier que je fuis. "Boire pour oublier qu'on boit" s'amusait-on à dire. Nous n'étions pas si loin, n'est-ce pas?


Et pourquoi ai-je écrit "génies" comme titre dans tout ça? Parce qu'à toutes les fois que j'entends parler d'un d'entre eux, à toutes les fois où mon esprit prend conscience qu'il pourrait, un jour, être face à l'un d'eux, il veut travailler pour être digne de leur parler. Je veux pouvoir me tenir devant eux non pas en tant qu'égal ; je ne serai jamais un égal. Mais en tant qu'être humain qui n'aura pas honte devant leurs yeux. Miroir du complexe de vouloir plaire à ses parents? Je m'en fouts. Tant que cela me force à bouger, et à devenir quelqu'un. Comme le disait ma prof d'éducation physique: "L'important, ce n'est pas d'avoir une bonne motivation. C'est tout simplement d'en avoir une."

# Posté le lundi 23 février 2009 17:57

Demain, je me réveillerai, et toute ma vie sera hier.

Demain, je me réveillerai, et toute ma vie sera hier.
Demain, je me réveillerai et toute ma vie sera hier.

Étrange sensation, n'est-ce pas, de se remémorer son passé? Avoir l'impression que tous nos souvenirs font partis d'un passé, d'un "hier" qui englobe de plus en plus d'informations.

Plusieurs personnes vivent en niant leur mort, inévitable. Plusieurs personnes vivent en niant la mort inévitable de leurs proches, leurs parents, leurs amis. Il n'y a rien de plus certain que vous connaitrez le deuil, à moins que vous mourriez avant tous les autres.

Je n'écrirai rien de plus. Car je veux que vous compreniez l'importance que je porte à ces mots.

# Posté le jeudi 19 février 2009 18:35

Rêves

Rêves
Je me considère comme un rêveur. En fait, la majeure partie de ma vie, j'ai préféré le rêve à la réalité. J'ai passé mon enfance à vivre dans un autre monde, loin de celui-ci, que je trouvais trop dur. Puisque je rêvais en permanence, mes seuls contacts avec la réalité étaient, selon ma perception, douloureux, puisque mes rêves étaient ce que je voulais bien qu'ils soient.

J'ai cessé de rêver au fil du temps, tranquillement, lorsque je me suis rendu compte que mes rêves me blessaient davantage qu'ils me protégeaient ; en me faisant vivre autre chose, ils étaient responsable de ce côté si désagréable de la réalité.Peut-on dire que j'étais conscient de ces changements? Je dirais pas le moindre instant. Ce n'est que maintenant que je me rends compte de ce chemin.

Et pourtant, aujourd'hui, je retombe dans le rêve. En fait, depuis longtemps déjà, mes vrais rêves (lorsque je dors) sont aussi réels que la réalité elle-même ; je peux avoir mal, je peux souffrir, rire, et le monde créer par mon imagination trop fertile est puissament structuré de telle sorte qu'à la moindre faille que je peux remarquer, mon esprit corige le tir immédiatement pour s'ajuster à ma conscience. Comme si quelque chose, en moi, ne voulait pas mon réveil. Comme si quelque chose, en moi, ne voulait pas de la réalité.

Difficile à concevoir alors que je prône la recherche de la Vérité pour le Bonheur, difficile à vivre alors que j'ai besoin, dans le cadre de mes cours, d'être très attaché au monde matériel pour apprendre et appliquer les notions théoriques et pratiques.

Tout cela, je peux l'intellectualiser, le comprendre, je peux émettre des théories, appliquer des solutions, je peux le poser sur écrit et ne plus m'en faire, je peux l'oublier, je peux l'assumer et m'enfoncer davantage dans le rêve...mais il n'y a rien de tout cela que je veux. Ce que je veux, c'est d'être capable de rêver librement, mais surtout d'être capable d'être qui je suis, faire ce que j'aime, être parmi les gens, finir mes cours, continuer ma vie, continuer d'avancer dans le concret. Et me permettre de temps en temps, comme ça, un petit écars de rêverie. Je ne veux pas vivre dans le rêve.


Lorsqu'on vit dans le satin, même le contact de la peau de celui ou celle qu'on aime devient rugueux...

# Posté le dimanche 15 février 2009 12:50

Modifié le lundi 16 février 2009 23:27

Science et Vérité ; et le Bonheur, lui?

Science et Vérité ; et le Bonheur, lui?
Et voici un autre débat qui cours parmi la société, opposant croyant et scientifique, les rationnels aux émotionnels, les patates frites aux mouettes.

En résumé, la science (selon ce qu'on sait) nous apporte la vérité (puisque c'est prouvé). Si on oublie quelques écarts, on peut dire que c'est effectivement ce qu'on a de plus près de la vérité (sans nécessairement l'être à 100%). De l'autre côté, la spiritualité (je préfère ce mot à religion) est sensé nous amené au Bonheur. Mais qu'est-ce que c'est la spiritualité? Suis-je obligé de croire en un dieu, croire aux fantômes, aux énergies, à l'âme? Mais c'est de la foutaise tout ça! Je ne veux pas me mentir pour être heureux!

Donc rapidement, on oppose l'idée de Vérité à Bonheur, puisque la science nous apprends pas grand chose sur comment être heureux de manière pratique. Oui, on nous dit qu'il faut être ouverts d'esprits, blabla...mais comment bordel on peut ouvrir son esprit s'il ne l'est pas?

Et c'est là qu'on embarque dans la spiritualité! La méditation, tout ça, vous savez, ce qui n'existe pas? Très honnètement, je crois peu à ces choses (bien que je garde une porte ouverte) mais la Vérité, c'est que ceux qui les pratique ont tendance à être plus heureux. Même si le chemin pour se rendre au Bonheur est faux, le résultat, lui, est Vrai.

Au final, on est en droit de se questionner sur le but de la science, la vérité, et sur nos buts personnels. Quel est votre but, à vous, dans votre vie? Est-ce de tout savoir, et de finir seul et triste? Est-ce d'être heureux, avec des gens autours de vous? Est-on obligé de se mentir pour être heureux? J'espère que non!

Inutile de se mentir. Le gros problème, c'est qu'on divise tout en 2 catégories: Vérité, ou Mensonge. Si c'est pas la Vérité, c'est que c'est nécessairement un Mensonge voyons! Si je ne dis pas à une personne qu'elle est moche, ce n'est pas parce que je suis un menteur ; c'est que je trouve inutile de lui lancer une Vérité qui ne lui sert à rien, sinon à lui faire du mal et la détruire. Pas mal tout le monde (sauf quelques extrèmistes) me diront qu'ils agissent de la même manière. Sommes-nous menteurs? Sommes-nous hypocrites? Non, nous avons une conscience et nous sommes, à quelque part, capables de compassion. Ce n'est pas d'être menteur de compatir, ou d'être lâche. De l'autre côté, si cette même personne me demande ce que je pense vraiment, je serai honnète envers elle (je ne serai pas trop direct non plus, on s'entend!).

Finalement, la Vérité doit être un moyen d'être Heureux, mais ce n'est pas une fin en soit. La Vérité n'est pas LE moyen d'être heureux, tout comme le Mensonge n'est pas mieux de son côté. Apprenons à doser!


Photo: Bébé fée rencontrée à Bicolline! =D

# Posté le mercredi 11 février 2009 17:24

Perception de la vie

Depuis une semaine ou deux, je marche avec une idée constante à l'esprit, qui se résume en une phrase très lourde: "Vivre l'importance de chaque moment au présent, avec la conscience du passé et de l'avenir, la légèreté dans le coeur, conscient de notre mort inévitable"

De quoi faire exploser un détecteur de paradoxe là-dedans. On va faire un effort pour expliquer ça.

Premier point: notre mort inévitable. Je ne vous apprends rien ici, VOUS allez mourir. De toute votre vie, c'est l'une des très rares certitudes que vous aurez le droit d'avoir. Peu importe ce que vous ferez, vous mourrez, un jour. Peu importe la quantité de matériel, peu importe combien intelligent, peu importe que vous écriviez des livres ou que vous deveniez connus à travers le temps, votre corps, votre enveloppe charnelle, va crever. À savoir s'il y a autre chose après, ça, je ne sais pas. Mais une chose est sûre, c'est que notre vie ici, elle, se termine, inévitablement.

Cette pensée est normalement très démoralisante ; on peut facilement se dire que rien de ce qu'on fait n'a, à la fin, d'utilité. En fait, je crois qu'il est bien d'utiliser cette conscience pour rester léger et ne pas se perdre en lourdeur, justement (comme ma phrase =P). Si nous mourrons tous, aussi bien profiter du temps que nous avons, n'est-ce pas? Ainsi, au lieu de m'inquiéter sur ce que je deviendrai, ce que je ferai, ce que pensera telle ou telle personne...ils vont mourir anyways. Et moi aussi. Pourquoi s'en faire? Au même titre que cette pensée pour détruire de magnifiques moments, je crois qu'en l'utilisant dans ces évènements "où tout semble être contre nous", ça nous permet de voir les choses différemment, et de moins s'en faire. Ainsi, conscient de notre mort, il est possible de moins s'en faire avec la vie, et de rester légers.


Prenons ensuite le moment présent. Trop souvent, en tentant de prévoir ce qui nous arrive, en s'inquiétant de l'avenir, on oublie tout simplement ce qui se passe maintenant, les belles choses, et on se focus principalement sur nos peurs. L'importance de chaque moment, de chaque personne, crée une présence d'esprit agréable pour nous mais surtout pour les autres. Une personne présente est toujours très appréciée (à moins qu'elle soit de nature désagréable =P)

Puis vient la conscience du passé et de l'avenir, pour nous empêcher de penser seulement et uniquement au moment présent et fuir toutes nos inquiétudes. Par contre, par cette phrase, je parle surtout du passé lointain et de l'avenir lointain, au sens d'années et de siècles. L'être humain, nous, avons passé par nombre de choses ; et encore, nous irons bien loin dans le temps. Au-delà de ça, il y a eu les singes, les dinosaures, et la vie continue. On peut aussi penser à notre vie, lorsque nous serons vieux, et réaliser que nous ne serons pas qui nous sommes en ce moment. En même temps que nous rendre conscient des conséquences de nos gestes, l'équilibre du passé et de l'avenir vient ajouter une autre légèreté, nous empêchant de nous focusser sur une seule et unique idée à la fois.

Ainsi, j'apprécie chaque moment que je trouve important, je n'oublie pas qui je suis, d'où je viens, et vers où je m'en vais, et je sais, que comme vous, un jour, je mourrai, alors je ne m'en fait pas avec mes petits problèmes de la vie. Je vous considère tous important, mais comme moi, vous disparaîtrez ; alors je ne m'attache pas trop, mais je vous aime, sincèrement.

Ça sonne très Zen tout ça, limite de l'hippy granola. J'imagine qu'avec le temps, on devient tous un peu vieux chinois...
Perception de la vie

# Posté le jeudi 05 février 2009 13:22