Le premier a son porte-feuille volé, victime d'un vol stupide.
Le second a le pistolet dans sa main, et sur ses avants-bras, il y avait déjà plusieurs marques de mutilation. Suicide.
Laquelle de ces deux morts devrait nous inquiéter plus que l'autre? Je sais que nous serions tenter de penser qu'une mort est aussi grave que n'importe quel autre mort mais ce n'est pas vrai. La mort d'une personne âgée, une mort dans un accident, une mort par maladie, une mort provoquée par une autre personne et une mort par suicide n'ont pas du tout le même effet psychologique pour l'entourage.
La mort par maladie, ou celle d'une personne âgée est plus facile à accepter, elle est moins brutale (au sens où elle est considérée comme "normale" jusqu'à un certain point). C'est injuste, mais c'est une force contre laquelle on ne peut se battre. La fatalité derrière nous oblige à l'accepter.
Le meurtre est plus difficile. C'est une mort provoquée. Provoquée par un être qu'on voit comme dégoûtant et totalement idiot, qui mérite punition. L'entourage proche, les parents, auront beaucoup de difficulté à passer au travers d'une aussi grande épreuve.
Et le suicide. L'acceptation est pire encore. Celui qui est l'auteur du crime, c'est la personne elle-même. Peut-on la blâmer? "C'était un geste désespéré. On ne peut lui en vouloir". Au lieu d'en vouloir à un être dégoûtant, on s'en veut à soi-même. De ne pas avoir été là. De n'avoir rien fait. De ne pas s'être mêlé de ce qui nous regardait pas. De ne pas avoir osé parler. D'avoir agit en parfait Québécois.
Mais qu'est-ce qui est pire, encore une personne qui meurt par sa volonté propre, et celle qui meurt par la volonté d'une autre? C'est un sujet difficile, mais réfléchissez-y, un instant. Je me pose réellement la question. D'un côté, on a une personne qui veut mourir. Et qui meurt. Mais cette personne veut mourir parce qu'elle souffre, horriblement. Que ce soit émotionellement ou physiquement, elle souffre. Sinon elle ne prendrait pas une solution aussi extrême. Et de l'autre côté, une personne tuée, qui voulait sûrement vivre. Mais cette personne n'a pas tant souffert (on parle d'un meurtre violent et rapide, pas d'un psychopathe tortureur). Les deux gestes sont tout aussi douloureux, mais d'une douleur différente. Personne ne devrait endurer ça.
Pourquoi un questionnement aussi désagréable que celui-ci? Je me demande ce qui est le plus grave entre des gens qui endurent la violence des autres parce qu'une société encourage le confrontation directe, ou une société qui te dit de te mêler de tes affaires et de laisser les gens vivre leur vie. Et la mourir.
Je suis toujours en questionnement.



