L'esprit humain est toujours plein de surprises! C'est fou comme il peut réagir et s'adapter à toutes sortes de situations, peu importe l'individu. Voici un résumé de mon pattern:
Enfance: timide, émotionnel, dans ma bulle
Pré-adolescence: timide, toujours émotionnel, toujours dans ma bulle.
Adolescence: gêné, semi-émotionnel haineux, chocs émotionnels se cumulent ; idées sombres s'accumulent
Fin adolescence: Principalement rationnel, idées sombres diminuent, ouverture d'esprit
Adolescence terminée: Toujours rationnel, idées sombres disparuent, esprit analytique
Jeune adulte: Émotionnel ressurgit un peu, encore principalement rationnel, idées sombres en plans profonds. Esprit analytique toujours présent.
Maintenant: Émotionnel plus ou moins présent ; rationnel remis en doute ; idées sombres réelles, mais qui n'affectant pas ce que je suis. Esprit analytique en diminution ; également remis en doute.
Pour faire une histoire courte, j'étais un petit garçon introvertit, j'ai été blessé au point de vouloir mourir. J'ai bloqué tout ce que j'avais d'émotions car j'ai lié l'idée "émotion = douleur = danger de mort". Puis progression, apprentissage que les émotions peuvent être gérées sans danger de mort immédiat.
Le "hic" de l'histoire est qu'en ce moment, l'idée rationnelle mène elle aussi vers la mort ; ouch. Pourquoi? Le rationnel n'a pas d'espoir, le rationnel se base sur des faits, des réalités. La réalité, c'est qu'on va tous mourir. Et encore pire, c'est que notre sort ne s'améliorera jamais parce qu'on a pas à améliorer notre sort, c'est idiot. On ne sera jamais capable de l'apprécier anyway. On fait juste vouloir plus. Mais suis pas là pour faire ce procès. Le fait est qu'à travers l'histoire, tout ne mène à rien, c'est rationnel. Le rationnel ne rêve pas non plus ; il sait qu'il y a un potenciel de chances qu'un évènement se produise et ne se fera pas trop d'attentes de peur d'être déçu ; bref, il espère pas grand chose, et quand ça arrive, il s'y en attend. (Petite parenthèse ici pour dire que non, c'est pas juste ça. La démonstration est un extrème poussé à un extrème et que ça ne reflète en rien la réalité. Ce sont des suppositions, extrapolations, concepts non-vérifier qui s'appliquent seulement et uniquement à moi selon mes propres conclusions et propres réflexions. Ce que je décris est le cheminement de mes analyses sur moi-même. Fin de la petite parenthèse :D)
Bref, ce fatalisme mélangé à une haine envers l'immuabilité de l'être humain avait fondé, très loin en moi et à peine perceptible, un envie de mort que je camouflais par-dessus des principes et autres phrases clichées m'empêchant d'y penser. Mais au fil du temps, niant ce désir de mort, il a pu prendre de l'expension, jusqu'au point où je pu comprendre que si je continuais tel que je le voulais, la rationnalité aurait ma peau. Je ne deviendrais ni vieux ni radoteux, mais mort, sans même avoir vécu de détresse, sans même avoir vécu de sentiment négatif, sans avoir sombré dans une dépression. Je m'aurais juste tué, comme ça, parce que justement, je n'aurais eu ni détresse, ni dépression, ni joie ni peine, ni rien. Juste une fatalité que je n'aurais pas pu fuir, que j'aurais accepté telle qu'elle. (2e petite parenthèse: je ne suis pas en train de dire que je veux mourir ni que j'ai eu envie de mourir ; je dis que si j'avais continué à me rationnaliser, j'en serais venu à cet envie. Je vais très bien, ma vie va bien malgré quelques pépins (on en a tous!), ce n'est pas un appel au secours! Fin de la 2e petite parenthèse).
Cela m'a ramené à une réalité bien importante: si on ne vit pas ses émotions, ne serait-ce qu'une partie, ça devient très dur, surtout en poussant au maximum le concept de rationnalité (science et logique). La science et la logique vont très souvent à l'encontre des émotions, et cette dualité existe depuis très longtemps, et ce, dans toutes les tranches des sphères sociales et scientifique. L'émotion a cela de particulier: il se bat même lorsque tout est perdu. Et il a cela de particulier: merde, bien souvent, il réussit, même si tout était perdu. Preuve que le rationnel n'a pas toujours raison.
Encore une fois, tout est question d'équilibre. Homéostasie, comme on dit en bio (voir article plus loin intitulé: Homéostasie pour explications)
Conclusion de l'histoire: faut prendre ça léger. Trop d'émotion nous tue. Trop de rationnel nous tue. Trop d'équilibre nous tue. Bref, y'a pas grand chose qui nous tue pas =D
Sans blagues, si vous me voyez le moral à terre, faites-moi un calin et jasez avec moi. Très probable que vous me voyiez malheureux dans l'avenir. Et joyeux aussi, je parle d'un vrai joyeux! Pas parceque je ne l'étais pas. Juste parce que maintenant, j'comprends que c'est important de le vivre. Y'a des moments pour, des endroits pour, des situations pour vivre ses émotions. Je ne serai pas chiant avec ça, du moins, j'essayerai.
La morale de l'histoire: calinez-moi!
(ça explique ma fixation sur les lapins ces derniers temps (je parle plus que d'habitude))