Depuis environ 1 mois, je creuse dans mes souvenirs, dans mes sentiments, je creuse pour défaire des barrières que je me suis construit au fil du temps. J'y ai retrouvé la peur, la colère, la haine, et plusieurs autres sentiments enfouies par-ci par-là dans un placard que j'avais appris à éviter, inconsciemment. Étrangement, je semble être tombé, à travers mes recherches, sur une étrange boîte de Pandore. Mais avant de l'ouvrir, je dois me souvenir d'où elle vient...
Il y a 4 ans de cela, à pareil date, j'avais 19 ans. Pendant mon année, j'avais abandonné Arts et Lettres et je m'étais lancé en Massothérapie. Je préparais mes choses pour déménager à Québec, immédiatement après le temps des fêtes. Peu après, j'ai effectivement déménager à Québec, mais à cette période, je n'avais plus la moindre volonté qui m'animait. J'étais, à proprement dit, un zombie social, fonctionnant à peine, comblant ses besoins de bases de survie et surfant sur internet. Je n'avais plus d'âme, plus aucune passion, plus aucune volonté de vivre ; mais en même temps, je n'aimais pas plus l'idée de la mort, alors je vivais, tout simplement.
Tournons la page.
C'est à Québec que j'ai commencé à placer mon esprit sur écrit. Où j'ai commencé à me structurer, à me prendre en main à partir de la plus petite et simple étape. Je bougeais à peine de mes journées et lorsque je le faisais, mon esprit fuyait. Je me déplaçais avec mes jambes, mais j'oubliais tout ; je rêvais éveillé, tout simplement. À Québec, sans aucune pression extérieure, j'ai appris à m'obliger à certaines choses, c'est-à-dire se donner une discipline. Tranquillement, ma volonté est devenue plus forte que mes besoins primaires, et je suis redevenu capable de bouger. Mais il devait avoir un effet secondaire.Je suis sorti de ma période à Québec sans la moindre trace d'émotion, à force de toujours tout intellectualiser. Mais j'étais fonctionnel! Alors pour moi, c'était un sacrifice équitable. Mais autre que mes émotions, j'ai aussi enterré, je le crois, plus encore. Autre chose.
Dans ma tentative de reprendre le contrôle de moi-même, j'ai pris toutes les forces qui jouaient alors contre moi, et je les ai enfermé dans un placard. Et voilà, le tour est joué! Mais rapidement, sans émotions, tout nous paraît fade. Alors j'ai ouvert rapidement mon placard, j'ai pris ce que je voulais, et je l'ai refermé. J'ai appris à aimer. J'ai aussi appris la tristesse et la mélancolie. J'ai réouvert, comme ça, quelques sentiments, et je me suis dit: «Génial! Je suis redevenu normal! Je suis fonctionnel, ET j'ai mes émotions!».
Et j'ai laissé le placard fermé, et me disant que je n'avais plus rien à y faire de toute manière.
Tournons la page...
Les années ont passés. J'ai maintenant 23 ans, et je vais bientôt en avoir 24, au mois de mars. Récemment, comme j'en ai fait part sur ce blog, je suis allé me balader dans le placard. J'ai récupéré la peur, la haine, l'humiliation, la rancoeur, le replis sur soi, le refus...j'ai récupéré un paquet d'émotions, de souvenirs, mais il semble que je sois tombé sur cet autre chose, ce besoin de paresse, de lâcheté qui avait pris possession alors de moi. Mais c'est pas exactement ça. En fait, je ne sais pas c'est quoi ; j'en ai pas la moindre idée. Peut-être est-cela la peur de l'humiliation qui m'empêche de faire des efforts? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est que je n'ai pas aussi mal été depuis cette époque. Et je ne sais toujours pas comment m'en sortir, sinon de le remettre dans le placard, à nouveau. Mais ça, je ne le ferai pas.
Avoir du temps et la liberté d'action devant moi, ça ne serait pas un sujet d'inquiétude. Mais je ne peux pas mettre ma vie sur pause. J'ai des cours, des amis, des obligations. On ne met pas une vie sur pause. Il faut apprendre au travers. Et c'est là toute mon inquiétude ; quel impact cela aura-t-il sur ma vie? Quel impact aura ma vie (étude, travail) sur cette épreuve? L'inquiétude. Ça aussi je l'ai récupéré.
Mes défenses sont par terre. Je suis devant un ennemi invaincu, seulement neutralisé. J'ai des armes, mais aucun point faible connu.
Si seulement toutes ces situations étaient réelles, matérielles et tangibles, je pourrais affronter mon ennemi de face. Mais tout cela n'a lieu que dans ma tête. Je n'ai aucune trace de combat, aucune plaie à laisser guérir. En fait, comment puis-je m'en plaindre, comment puis-je dire "ayoye, j'ai mal"? Peut-être est-il là, le point?
Laisse l'orgueil de côté Carl, et aie la force de demander, pour une fois, un coup de main.
Pfff, taie-toi la conscience. Comme si j'allais demander de l'aide. Je me suis toujours débrouillé seul.
Et c'est là le problème...



